Le volume 3 et son DVD

UN LIVRE…

En 752 pages dont 800 photos couleur et noir et blanc, l’ouvrage contient:

  • Une préface d’Édith Scob
  • Raquel et la lettre volée, par Nicolas Stanzick
  • Les numéros 12 à 17 de Midi-Minuit Fantastique avec une iconographie enrichie :

– n°12 : Jacques Tourneur, Domenico Paollela, Barbara Steele
– n°13 : Edgar G. Ulmer, Les Festivals
– n°14 : Christopher Lee, Fu Manchu, Batman
– n°15/16 : Le Golem, Karel Zeman, Trieste, San Sebastian
– n°17 : Barbara Steele, Jean-Pierre Mocky

  • Un chapitre de textes et photos inédits, L’Entracte du Midi-Minuit, avec :

– un entretien-fleuve : Roger Corman, par Nicolas Stanzick (2018)
– une rubrique érotique riche en iconographie : Rita Renoir, par Christophe Bier (2018)
– une rubrique dessin : Dracula, par Philippe Druillet (1968)
– une rubrique photo dédiée au bizarre: Jean Boullet, par Jean-Claude Romer (1961)

Comme les deux premiers volumes, le livre propose une version entièrement restaurée et augmentée de Midi-Minuit Fantastique : texte ressaisi et homogénéisé, éléments graphiques d’origine nettoyés (couvertures, titres, pubs…), photos puisées aux meilleures sources HD, etc. Le tout dans un respect scrupuleux de la maquette d’origine.

… ET SON DVD : LES OMBRES DE MIDI-MINUIT

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Jean Boullet, mauvais garçon, montreur d’ombres et réalisateur de Dracula (1963) – photo Philippe Druillet (1963).

Le plus célèbre des vampires dans ses meilleures nuits, des amours libres par-delà les étoiles, des monstres de foire qu’on croirait échappés du Marquee Club, une errance de la raison en féline compagnie, au bord du Styx ou auprès de zombies, et quelques délicieuses angoisses lovecraftiennes sur les ondes…

Avec Dracula, La Brûlure de mille soleils, Les Coudes pointus, L’Homme aux chatsLe Détour, Ténèbres, La Musique d’Erich Zann et Le Bruit du moulin, voici un nouveau florilège d’œuvres conçues par des collaborateurs ou  des proches de Midi-Minuit Fantastique. Ces œuvres emblématiques sont longtemps restées invisibles tant du grand public que des initiés. L’une d’entre elle était même totalement inédite, y compris (sous la forme du montage présenté ici) pour les protagonistes prestigieux de cette aventure filmique : le sidérant Dracula de Jean Boullet, création ô combien fiévreuse, précieuse, enfin revenue des limbes.

Vous voilà convié en somme pour un voyage parmi les ombres. Et l’on sait combien, en matière de fantastique, celles-ci peuvent receler séductions vénéneuses et secrètes beautés…

Six courts métrages

couv-3Dracula – 9 min.
Un film de Jean Boullet (1963).
Montage HD fait à partir de rushs numérisés en SD (Soft-Prod/Stanzick, 2018).

Le plus mythique des films midi-minuistes ! Peu après sa rupture avec Midi-Minuit Fantastique fin 1962, Jean Boullet se lance dans le projet fou d’une adaptation en ombres chinoises de Dracula.Entouré de Philippe Druillet et de Boris Bergman, qui font là leurs premiers pas artistiques, il va donner corps, deux ans durant, à sa vision toute personnelle du mythe, entre fascination pour l’homo-érotisme, désir de renouer avec la préhistoire du cinéma et identification manifeste à son héros. En résultent des images sublimes, parfois dans l’héritage de Cocteau, et qui toujours tiennent de l’invocation magique. Le film restera inachevé mais nous vous livrons ici, pour la première fois, un montage des rushs ayant survécu. L’occasion de revivre les sanglantes aventures de Jonathan Harker au château du seigneur des vampires…

couv-3La Brûlure de mille soleils – 26 min.
Un film de Pierre Kast (1965).
Numérisation HD à partir du négatif 35 mm (Argos Films, CNC, 2018).

Ardent défenseur de l’idée d’un cinéma de SF français dès les années 1950, Pierre Kast livre avec La Brûlure de mille soleilsune somptueuse variation interstellaire sur la tragédie de Bérénice. L’auteur d’Amour de poche (1957), de retour ici au format court, laisse libre cours à son imagination fertile ; il puise dans une série de quatre cents dessins commandés à Eduardo Luiz la matière d’un film conçu comme une bande dessinée, limitant l’animation au minimum. Son modèle avoué ? Le Jetée de Chris Marker – ce dernier est d’ailleurs monteur du film de Kast. Poétique peinture des amours contrariées, critique sous-jacente des barrières morales qui nous rendent aveugles, cette Brûlure, saluée dans les nos8 et 13 de MMF, est aussi une ode mélancolique au libertinage.

couv-3Les Coudes pointus18 min.
Un film de Jean Streff (1966).
Numérisation 2K à partir d’une copie 35 mm (Arane, 2015).

Place au midi-minuisme pop, festif et délirant ! Avec Les Coudes pointus, Jean Streff – 21 ans seulement –, rend hommage au cinéma qui le passionne : la Hammer, le giallo tel que vient de le concevoir Mario Bava, les Universal Monsters, bref, tout ce que ce fou de fantastique découvre alors au Midi-Minuit et dans les colonnes de Midi-Minuit fantastique, revue dans laquelle il rêve d’écrire. Mais le futur auteur du Masochisme au cinéma, dont on perçoit déjà ici le tropisme, ne signe pas qu’un simple film référentiel ; il assume une filiation avec Kenneth Anger, qui fréquente alors son mentor, Jean Boullet. Ainsi, à l’instar de Scorpio Rising, le film déroule une idéale playlist rock (Yardbirds, Pretty Things, Rolling Stones…) et fait de Paris une fort belle créature mutante : un Swinging London bis où règnent les monstres.

couv-3L’Homme aux chats – 10 min.
Un film de Henri Glaser (1969).
Numérisation HD d’une copie 35 mm (CNC, 2018).

Le film n’est jamais cité dans MMF. Son réalisateur, Henri Glaeser, n’appartient pas aux cercles midi-minuistes. Et pourtant, L’Homme aux chatsa tout à voir avec cette veine de l’étrange qui travaille de manière souterraine le cinéma français durant les années 60, dans le sillage de la revue de Michel Caen et de Jean-Claude Romer. Porté par Roland Armontel (le prêtre de La Bête), le film est une plongée vertigineuse dans la solitude et la folie d’un homme. L’angoisse, le malaise, le scabreux potentiel des situations suintent du non-dit permanent. Comme chez Franju, le vernis du réel ne cesse de se craqueler pour laisser entrevoir un monde de terreur insoupçonné. Résolument insolite et bénéficiant d’une production ample, ce coup de maître a été sélectionné au Festival de Cannes 1969.

couv-3Le Détour – 12 min.
Un film de Patrice Molinard (1970).
Numérisation HD d’une copie 35 mm (CNC, 2018).

Avec Le Détour, Patrice Molinard, l’auteur de Fantasmagorie, confirme son talent de metteur en scène. Film sur le deuil tiré d’un script hanté et personnel d’Henri Glaeser, cette errance hypnotique de 12 minutes se déploie d’abord comme un écho fascinant au chef-d’œuvre molinardien précité : le chemin initiatique de cet homme et de son enfant inanimé, depuis les foules anonymes de Paris jusqu’aux bords de l’Oise réinventée façon Styx, c’est un peu celui inversé du vampire de 1963. À la bande-son, contribuant à l’onirisme inquiet des images, Georges Aperghis. Ce grand compositeur de musique sérielle et concrète est par ailleurs mari d’Édith Scob… qu’on aperçoit ici furtivement en religieuse. Un film obsessionnel jusqu’à l’abstrait et intensément noir.

couv-3Ténèbres – 12 min.
Un film de Claude Loubarie (1971).
Numérisation HD d’une copie 35 mm (CNC, 2018).

Pas de fausse pudeur : Ténèbres est un véritable ovni au sein du midi-minuisme sur grand écran, un film stupéfiant dans le contexte français, et une œuvre en avance de dix ans sur le fantastique transalpin de Lucio Fulci ! Animateur du ciné-club Midi-Minuit II à Lyon, et proche un temps de Michel Caen, Claude Loubarie reste l’une des figures les plus énigmatiques du mouvement. D’une santé mentale fragile, disait-il la vérité lorsqu’il exhibait des lettres d’Hitchcock clamant avoir aimé son film au point, peut-être, de le faire distribuer en ouverture de Frenzy ? Décédé d’un suicide peu de temps après avoir souffert de délires de persécutions extraterrestres, Loubarie a peut-être finalement livré ici une sorte de cauchemar autobiographique : le récit d’un homme inexorablement happé par un au-delà de zombies putréfiés…

couv-3La Musique d’Erich Zann – 32 min.
Une pièce radio adaptée de H.P. Lovecraft, avec Jean Topart (1965).
Diffusé sur France Inter le 21 février 1965.

Avec ses castings prestigieux, ses adaptations d’œuvres majeures du genre, ses créations originales et ses audaces sonores, Le Théâtre de l’étranges’est vite imposé comme un rendez-vous prisé des midi-minuistes, le dimanche soir sur France Inter. Dès son premier épisode, en 1965 – La Musique d’Erich Zann–, le ton est donné. Portée par l’élégante diction de Jean Topart et la musique surnaturelle de Claude Ballif – une partition écrite pour l’occasion –, cette adaptation de Lovecraft est une plongée dans l’effroi le plus insidieux. Pourquoi Zann joue-t-il chaque nuit ces inquiétantes mélodies d’un autre monde ? Pourquoi le vieil homme, terrorisé, en proie au vertige des abîmes, semble-t-il jouer de sa viole comme on se défendrait de l’assaut de quelque créature invisible ?…

couv-3Le Bruit du moulin – 25 min.
Une pièce radio de Marcel Béalu, avec Édith Scob et Jean Topart (1966).
Diffusé sur France Inter le 4 décembre 1966.

Une autre récit d’épouvante tiré du Théâtre de l’étrange. Mise en son d’une nouvelle de Marcel Béalu – auteur et poète marqué par le surréalisme –, Le Bruit du moulinse situe à mi-chemin entre la SF frankensteinienne, la hantise lovecraftienne et le mythe de Barbe-Bleue. Jean Topart incarne cette fois un vieil homme retiré dans un moulin où il nourrit une monstrueuse créature à tentacules avec la chair de ses jeunes conquêtes féminines… Pour lui donner la réplique, rien de moins qu’Édith Scob ! L’occasion de découvrir que la comédienne n’est pas seulement cette géniale actrice du grand écran, cette inoubliable silhouette éthérée dont les pieds ne semblent jamais toucher le sol, mais aussi une grande voix, toute désignée, là encore, pour l’inquiétante étrangeté.

Deux bonus

  • Jean Boullet, le Montreur d’ombres
    Un documentaire d’Erwan Le Gac et Nicolas Stanzick (50 mn – 2018)
    avec François Angelier, Boris Bergman, Jean-Pierre Bouyxou, Michel Caen,
    Philippe Druillet, Jean-Claude Michel, Jean-Claude Romer et Alain Venisse.
  • Présentations
    de Nicolas Stanzick (28 mn – 2018).

Durée du DVD : 240 min
Une production Soft-Prod

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couv-3Auteurs: Michel Caen et Nicolas Stanzick (dir.)
Éditeur: Rouge Profond
Production DVD: Soft-Prod
Format: 21,5×26 cm beau livre relié
Nbre de pages: 752
Photos: 800 (couleur et noir et blanc)
DVD: 240 min VF Multizone
ISBN: 978-2-915083-59-0
Sortie: 21 juin 2018
Prix: 65 €